Voici le mail que j'ai reçu :

On ne se connait pas, je crois. Mais tes photos du BMC proto, que je n'ai pu choper, malgré nos deux jours sur le Dauphiné m'ont mis l'eau à la bouche. Ne disposant d'aucune source visuelle d'ici 5 jours, soit notre bouclage pour noter numéro de l'******* ****** spécial Tour 2012, j'aimerais savoir dans quelles mesures tu serais susceptible de nous permettre d'utiliser tes photos de ce vélo.

Merci de ta réponse rapide.

Monnayer les photos ou pas ?

Bien sûr, je suis totalement amateur et je n'ai pas du tout fait ces photos pour l'argent, même si j'ai toujours rêvé de pouvoir devenir photographe spécialisé dans le cyclisme.
Mais faire cadeau de ces photos était-il normal ?
En effet, si je donne ces photos, d'une, je dévalorise mon travail, mais surtout, c'est la mort annoncée des photographes pros. Car pourquoi un magazine ferait appel à un photographe pro s'il peut avoir peu ou proue les mêmes photos pour rien du tout ?

Combien ça se vend une photo à un magazine ?

N'ayant aucune expérience dans le domaine, je me suis rapproché d'un photographe, Clovis Gauzy, très calé dans tout ce qui touche aux droits d'auteurs. Ce dernier m'a conseillé de me référer aux barèmes UPP. En gros, chaque photo pouvait être vendue 150€ minimum, sans tenir compte de la rareté du cliché. Le magazine avait besoin de 5 photos pour réaliser 4 pages, magazine dont le tirage est d'environ 30000 exemplaires.
J'ai donc proposé 500€ pour les 5 photos.

Comment se faire rémunérer alors que l'on n'est pas professionnel ?

Etant donné qu'il s'agit d'un titre de presse, ils ont l'obligation légale de salarier le photographe en le rémunérant "à la pige" (contrat en CDD donc).
Eviter tout paiement via note d'auteur ou autre magouille.

Et alors ces photos, vendues ?

Et bien non. Pas très étonné, mais bien entendu, le magazine a refusé dès que j'ai parlé d'argent. Ils s'attendaient sans doute en demandant à un amateur à ce que je leur donne mon autorisation pour les utiliser juste en échange d'une mention sur les photos.
Ils m'ont sorti une excuse comme quoi le photographe américain acceptait de céder ses photos en échange de quelques photos que ce magazine avait réalisé il y a plusieurs semaines.

J'ai préféré refuser. Car obtenir des photos de ce magazine, pourquoi pas, mais ce sont des photos parues dans leur magazine il y a plus d'un mois et que l'on retrouve partout. Donc, peu d'intérêt pour mon site d'infos sur le matériel cycliste.
Surtout en échange de photos quasi-exclusives.
Mais malheureusement, cela semble courant. Les médias (presse, com, etc…) super-mega-intéressés par nos images-de-la-mort-qui-tue mais quand on commence à parler rémunération, ils ont toujours une solution alternative qu'ils vous agitent sous le nez comme prétexte à ne pas vous payer.

Conclusion

Mais j'ai ma conscience pour moi. La photographie demande des investissements matériels, du temps, de l'expérience, une technique, qui se doit d'être rémunérée.
Si l'on commence à donner des photos simplement en échange d'une mention dans un magazine, c'est la mort annoncée de tous les photographes professionnels......

Mise à jour

Pour information, ce magazine a quand même utilisé mes photos (6 au total) sans mon accord et en apposant un copyright d'une personne qui n'est pas l'auteur de ces photos (le fameux photographe américain à côté de qui j'ai fait les clichés). Ce dernier n'était pas du tout au courant de cette histoire.

L'affaire a été mise entre les mains d'un avocat spécialisé en propriété intellectuelle (bien que le magazine me proposait un "dédommagement" de 1000€).